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vendredi 12 février 2010

zone de confort

Ayoye, dans quel sujet je m'embarque.Mais, quoi de mieux que d'affronter la réalité toute crue?
Sortir ou rester dans sa zone de confort. Et qu'est-ce que cela représente pour moi? Tout d'abord, j'évite autant que possible les situations où le stress me guette, il y a si longtemps que je travaille sur moi pour gérer ce qui est devenu ma maladie, que je tente de reconnaître ce qui pourrait me conduire directement à des rechutes. D'ailleurs, c'est pour cela que le scrapbooking est devenu une activité prisée. Je ne réponds que par mes propres règles, et selon ma volonté. Je respecte ainsi une entente avec moi-même qui consiste à demeurer à l'intérieur de mes limites, lesquelles je commence à connaître de plus en plus. Je préfère me faire confiance dans ce domaine, quitte à faire des erreurs et à les assumer que de chercher des indications à l'extérieur, et me soumettre à des acrobaties risquées!
Dernièrement, me voilà sur une route parsemée de tentations! Car faut comprendre que demeurer dans ses limites ne veut pas dire exclure toute nouvelle expérience! OH! que non, je ne suis quand même pas du genre à dormir sur la switch! J'explore en masse, ma curiosité est insatiable, mon audace a de l'audace! Pour me garder en équilibre, je suis à la fois réservée, timide et délicate. Toujours est-il que je jonglais depuis longtemps à écrire dans un blogue, en fait depuis l'an dernier! Je n'avais jamais donné suite à cette idée, qui faisait naître en moi une dose d'inconfort en même temps qu'une volonté certaine de vouloir tenter cette expérience. Quelle chimère! J'ai repoussé l'accomplissement jusqu'à ce que l'envie de me joindre au forum de Passion Collimagination dans le but d'agrandir mon cercle de connaissances personnelles et techniques me donne le coup de pied fatal au derrière. Ce défi, c'est un concours dont le sujet est de créer une bannière pour ce même forum. Créer pour quelque chose qui est extérieur à moi, qui m'échappe totalement, c'est ce que j'appelle une mission impossible pour moi. Je vous explique, lorsque je me suis engagée sur la route créative, mon seul objectif était de renouer avec le vieux rêve d'utiliser mon aptitude à jouer avec les couleurs et les formes pour laisser passer mes émotions. Cet objectif était de nature purement personnelle, et directement liée au plaisir ludique. Il n'a jamais été question d'utiliser ma capacité à créer pour autre chose, encore moins pour participer à un concours. Dessiner, colorier, jouer avec les couleurs sont des activités qui me procurent un bien-être total et qui me rappellent aussi des souvenirs assez douloureux, raison pour laquelle j'ai résisté à l'envie de m'y consacrer depuis si longtemps. Toute petite, mon rêve de carrière penchait vers l'enseignement des arts et/ou la création de vêtements. Rendue à l'âge de faire le choix, j'ai laissé un échec décider de mon orientation. Je me suis retrouvée à faire un DEC en secrétariat afin d'assurer mon avenir et de ne plus provoquer les inquiétudes de mes géniteurs. J'ai donc troqué mes cahiers d'esquisses et mes crayons pour un apprentissage de la vitesse sur un clavier. Puis, j'ai vieilli en enfouissant au plus profond de moi cette pulsion vitale, tout en courant après les exploits à accomplir. Cette attitude est à l'origine du grand mal-être qui a malheureusement imprégné une grande partie ma vie sans que j'en sois vraiment consciente. Arrivée à l'âge où je n'avais plus rien à prouver, où je disposais d'une plus grande liberté, et ayant aussi acquis une maturité nécessaire pour l'accueillir avec tendresse et patience, je suis allée à sa rencontre. Ce refus de donner libre cours à ma vraie nature d'où émerge la source de ma créativité je l'ai intellectualisé, démystifié, compris, accepté au fil du temps, mais je n'avais jamais choisi de vivre le processus artistique relié aux arts visuels parce que je l'ai toujours délaissé au profit de l'écriture et de la pratique de disciplines plus physiques. J'ai accepté de mettre fin à ce refus volontaire et décidé de laisser émerger mon talent artistique tout d'abord pour accompagner fiston junior qui, lui, a consenti tout jeune à honorer sa propre fibre artistique et se destine maintenant à une carrière dans le monde de l'animation 3D, et aussi parce que je m'étais rendue au bout du chemin de toutes les autres pratiques,qui inévitablement débouchaient toujours au même endroit, là où ça fait mal... J'avais enseigné de mon mieux à fiston jr. à persévérer, je l'ai encouragé à suivre son inspiration, à oser s'abandonner sur la feuille, pour qu'un jour il me fasse remarquer que je ne savais vraiment pas de quoi je parlais, puisque je ne m'étais jamais aventurée dans le processus! La vérité sort de la bouche des enfants, dit-on. Et le jeune n'avait pas tort. Et moi, j'étais à la croisée des chemins, encore une fois devant une décision cruciale. À ce moment-là, pas grand chose ne me faisait reculer, je me suis donc engagée à consacrer un moment de ma journée au processus de création, sans rien en attendre.
Voilà pourquoi le simple fait de participer à ce concours me sort totalement de ma zone de confort, non seulement me place-t-il face à l'évidence que l'inspiration ne se commande pas, mais m'invite aussi à me mettre une note de pression à laquelle je ne veux absolument pas répondre. La date de remise est le 21 février, soit dans 9 jours, et je suis toujours sans sujet! Incapable de visualiser une composition qui réponde à la commande. Mis à part que le rose (seule repère donné) m'inspire des fleurs, je suis devant le syndrôme de la page blanche, et étrangement je suis en paix face à ce fait. Je sais que pour moi,ce concours est une occasion qui me permet de franchir des étapes dans mon processus de création, et non un but, et qu'il se peut fort bien que je doive renoncer à pondre quelque chose!
C'est que je considère avoir déjà dépassé grandement ce que je croyais être infranchissable il n'y a pas si longtemps. C'est à ce concours que je dois de m'être engagée à entretenir ce blogue comme un jardin, d'y mettre le meilleur de moi, et j'avoue que j'y prends un plaisir fou! Quoiqu'il advienne de ma participation, j'éprouve une satisfaction irremplaçable et précieuse à l'égard de ce qui se passe dans mon espace créatif, et qui n'est pas étrangère au fait de le partager avec vous, chers lecteurs.

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